 Fratmat.info (Cote d'Ivoire) - La ville de Bouaké a été secouée par une double manifestation de soldats et d’étudiants. Les 1.000 microprojets de l’Onuci octroyés le week-end dernier aux ex-combattants démobilisés des Forces nouvelles et les primes d’allocation forfaitaire de 90.000 F ne rencontrent plus l’adhésion de leurs bénéficiaires. Estimés à environ 100, ils ont manifesté, hier, dans les rues de Bouaké. En lieu et place, ils réclament la somme de 5.000.000 Fcfa chacun qui, selon eux, leur aurait été promise dès le début de la crise par leurs recruteurs.
Les soldats qui disent être abandonnés par leurs premiers responsables pour qui ils ont donné leur poitrine pour les défendre ont pris possession des locaux du secrétariat général. Ils ont fait voler en éclat les vitres des services de communication, du courrier et de la logistique. Les choses se sont déroulées très vite, vers 10 heures. Les ex-combattants sont allés déloger ceux de leurs camarades en formation au Centre de formation pour la réinsertion (Cfr) de Bouaké, financé par la Coopération allemande Gtz-Is. Ensemble, ils ont traversé le centre-ville et ont convergé vers le secrétariat général des Forces nouvelles. Ils ont obstrué la voie d’accès à l’aide des pneus et de tables qu’ils ont enflammés. Non contents de cela, ils ont décidé de forcer l’accès au secrétariat général du mouvement. Mais les éléments en service et postés à cette entrée ont tenté de les en empêcher par des tirs de sommation. Conséquence, un des manifestants a été blessé à la main par balle réelle. Cela a provoqué le courroux des ex-combattants qui ont forcé le barrage pour accéder à la cour du secrétariat général.
Face à cette situation, le commandant de la zone 3, le chef de bataillon Chérif Ousmane est arrivé précipitamment sur les lieux et a engagé les négociations. Ayant réussi à les calmer, ces derniers ont accepté de quitter les lieux. Après quoi, le commandant Chérif Ousmane leur a donné rendez-vous pour le 20 août au Centre culturel Jacques Aka pour poursuivre le dialogue entamé.
Les ex-combattants sont à leur 4e manifestation de ce genre à Bouaké. La dernière remonte au 2 août où les volontaires pour la nouvelle armée s’étaient rebellés.
Les départements de Séguela et Vavoua avaient vécu une situation similaire le 28 mai.
Adjé Jean-Alexis
correspondant régional
Chérif Ousmane
Les préoccupations des soldats sont au coeur des débats
Ce sont des préoccupations importantes que vous avez posées. Ne pensez pas que tous les jours, nous n’en parlons pas. Même ce week-end, nous en avons encore parlé. Vous qui êtes en train de brandir les armes, sachez que nous sommes sur ce débat», a réagi le commandant de zone, Chérif Ousmane, face à la centaine de soldats démobilisés qui ont manifesté lundi, à 10 heures, à Bouaké. Il a promis de faire le point aux chef d’état-major des Fafn, le général Soumaïla Bakayoko, en vue d’une réunion avec le Premier ministre Guillaume Soro, par ailleurs secrétaire général des FN. «Après un ou deux mois, changer les règles du jeu en plein jeu, pour demander cette fois-ci des espèces, alors que le processus de réinsertion a commencé, nous ne savons à quel saint nous vouer», a déploré le directeur de cabinet adjoint du SG des FN chargé des affaires humanitaires. Il a cependant rassuré ses concitoyens. «L’accalmie est revenue. Donc la population peut tranquillement vaquer à ses occupations. Dans les prochaines heures, des dispositions seront prises pour que l’accalmie soit de mise sur toute l’étendue de la zone sud».
Notons que la blessure, due au tir d’une arme automatique dont l’origine n’a pas été révélée, a amené les manifestants à forcer l’accès au siège des Forces nouvelles.
P. N. Zobo
Source : fn-ci.com et Onuci-fm Recommend this article...
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