Analysant en effet la situation politique nationale, Omar Khassimou Dia est d’avis que "la complémentarité des compétences est devenue nécessaire". Et "c’est cela qui va sauver le pays". A son avis, les chefs de parti (opposition comme pouvoir) doivent se ressaisir en s’émancipant de l’influence de ceux qu’il assimile sans les nommer à des laudateurs" et "flatteurs". Ces derniers, dit-il, sont en train "de détourner" le Président de la République des "vrais enjeux" de l’heure. En effet, poursuit ce numéro deux du Rassemblement du Peuple (Rp) en charge de l’administration et du fonctionnement du Parti (mais qui a gelé ses activités depuis quelques mois au sein de cette formation politique), Moustapha Niasse, Tanor Dieng Abdoulaye Bathily, Amath Dansokho sont des cadres" qui peuvent servir le Sénégal aux côtés du Président Wade. Car si ce dernier s’est révélé être un chasseur de voix, il a en face de lui "une opposition qui sait gérer l’Etat mais qui ne sait pas gérer les partis d’opposition", soutient M.Dia.
Omar Khassimou Dia a par ailleurs désapprouvé la volonté de ses collègues de la majorité de voter une loi visant à réduire le mandat du président de l’Assemblée nationale de cinq à un an. Invitant à une séparation des pouvoirs entre législatif et l’Exécutif, il soutient que la proposition de loi ne sera pas votée par le groupe parlementaire démocratie et progès qu’il préside. Car, ajoute-il, cette escalade décrédibilise non seulement le Président Wade qu’on est en train "de détourner de la réalité", mais aussi dévalue la Constitution, qui est la charte fondamentale du pays. Citant l’exemple d’Habib Thiam, de Daouda Sow et de Youssou Diagne qui ont été contraints de démissionner à la tête de l’Assemblée nationale, il souligne que les libéraux ont mille moyens de faire partir Macky Sall sans toucher à la Constitution. Il fait remarquer dans le même sens que Senghor et Diouf observaient des limites par rapport à la Constitution. Tout le contraire de Wade où les révisions de la Constitution ne se comptent plus.