Camer.be - Les causes du décès de Monsieur Folefack Sontsa Ebenizert continuent à susciter une grande polémique en Belgique. Après la tentative de son expulsion, le Camerounais décrit dans une lettre manuscrite les circonstances des tortures dont il a été victime. Une lettre d’adieu aurait également été écrite à un proche par le défunt. Une plainte sans suite, un résultat d’autopsie à controverse. Camer.be enquête.
La police avait interpellé et placé au mois de février dernier l’infortuné au centre fermé de Merksplas. Depuis lors, il était sous la menace d’une expulsion. Son avocat avait entrepris des démarches aux fins de suspendre la procédure d’expulsion. La menace fut mise en exécution le 26 avril dernier. Folefack avait en effet résisté à son renvoi de la Belgique vers le Cameroun. Comme le rapportait camer.be dans ses dernières éditions, un autre camerounais résidant en France avait dénoncé la tentative d’expulsion « musclée » de son compatriote. Serge Ngajui Fosso effectuait le voyage Paris- Douala via Bruxelles. A Zaventem, il avait assisté à une scène horrible un homme encadré par 4 policiers, plus des policiers en civil autour d’un individu qui se débattait et criait à tue tête dans le vol SN Brussels. Les cris étaient étouffés par les policiers qui tentent de le faire taire. L’un des policiers avait posé son genou contre le coup de l’homme à expulser. Y a-t-il effectivement eu un recours à la force ? Oui, si l’on en croit le témoignage de ses proches qui lui ont rendu visite à Merksplas deux jours après. Si l’on en croit également le témoignage manuscrit du défunt dont nous avons pu obtenir copie. « J’avais très mal au corps ; mal au cœur, étouffé, et j’ai commencé à crier(…). Mes mâchoires me font très mal, j’ai les deux tibias écorchés (..). » Selon Maître Alexis Deswaef, Avocat du défunt, cette lettre a été faxée du centre fermé de Merksplas vers l’Office des étrangers le 5 mai à 13h30. Calculatrice à l’appui, soit neuf jours après les faits et quatre jours après son décès. Autant dire que c’est le décès de Monsieur Folefack qui a obligé les responsables de ce centre de diffuser cette lettre qui apparemment était déjà classé sans suite. Le 7 mai dernier, le parquet de Turnhout se référant aux résultats de l'autopsie effectuée le 6 mai dans l'après-midi sur le corps de Monsieur Folefack décédé dans le centre fermé de rétention des sans papiers de Merksplas en Belgique, a affirmé qu’il n'existe "aucune trace de violence" sur le corps du Camerounais. Les proches crient au scandale car il n’est mentionné nulle part des blessures post expulsions constatées par écrit le 28/04/2008 par Kelly B. l’assistance sociale de Monsieur Folefack dont camer.be a également pu obtenir copie et signé par les deux parties. Les proches de Monsieur Foléfack qui l’ont vu au centre de Merksplas le 28 avril dernier ont également confirmé ces blessures visibles sur le corps du défunt. Ces proches ont également découvert une plaie ouverte à la main gauche du défunt qu’elles ont vu et filmé à l’insu des responsables de la morgue. A ce jour, Avocats, médecins etc. s’interrogent sur l'absence de traces de blessures, sur le corps Monsieur Folefack, le médecin-légiste ne les a pas vues, mais la famille bien, ainsi que l'assistante sociale, il y a deux explications possibles. Une autre piste : Celle de la confusion du corps lors de l’autopsie Pour le Collectif Folefack qui a vu le jour le 4 mai dernier, l'autopsie a été mal faite. « Cela peut arriver, mais je me garderais bien de porter pareille accusation à la légère: en effet, si l'autopsie avait été truquée, le médecin aurait décrit les lésions, pour éviter toute suspicion. L'autopsie a été faite par un médecin honnête, mais... on ne lui a pas présenté la dépouille de Martial, mais d'une autre personne... çà semble du roman policier de mauvaise qualité, mais on en a vu d'autres, et l'hypothèse peu plausible, mérite d'être exclue » affirme un médecin que camer.be a pu rencontrer et qui a requis l’anonymat. Plusieurs sources bien renseignées du dossier « Folefack » pense qu’il est nécessaire de demander une contre-expertise: La dépouille de Folefack devrait être réexaminée par un médecin légiste, d’un hôpital Universitaire à Bruxelles : St Pierre, ou St Luc : Cela permettrait de tirer les choses au clair affirment ces sources. Idée partagée par les membres du Collectif par la voix de leurs avocats Quid la "lettre" Dans les documents que nous avons pu obtenir copie et diffusée dans le quotidien belge Le soir du 09 mai dernier, n’étant pas graphologue, il semblerait que la copie de lettre dite lettre d’adieu susciterait également beaucoup d’interprétation La variation d'orientation de l'écriture: la première, la deuxième, et la quatrième ligne montrent une écriture bien verticale, la troisième, et de la cinquième à la huitième ligne, montrent une écriture penchée à droite; c'est peut-être explicable par les pauses, dans la rédaction du texte, mais on voit également ce genre de choses sur les lettres "dictées" nous confie une source Une comparaison avec d’autres documents olographes du défunt laissent transparaître également des interrogations. L’authenticité de ces écritures demeure à vérifier. Il faudrait une expertise de cette lettre, et une comparaison avec d'autres documents de sa main. Selon les proches du défunt, il revient à nous de prouver qu'il y a eu manipulation des éléments de ce dossier, et non pas à l'office Peut-être Folefack s'est-il pendu, et que dans la précipitation qui a suivi le drame, quelqu'un a t’il proposé cette lettre accréditant la thèse du suicide, dans ce cas, il n'y aurait pas crime, mais falsification de preuves... Peut-être les éléments rapportés par le Soir, la thèse de l'office des étrangers, sont-ils rigoureusement exacts, et que tout s'est passé selon la version officielle. Vu la décomposition des tissus humains, il devient de plus en urgent de demander une contre expertise affirme une source médicale. Vers une inquiétude des socialistes européens ? Déjà le 8 mai dernier, le groupe socialiste au Parlement européen, la deuxième plus grande famille de l'hémicycle, appelait les autorités belges à faire "toute la lumière" sur les circonstances de la mort d'Ebenizer Folefack Sontsa. Ce drame confirme une fois de plus la nécessité de mener ces expulsions avec humanité", ajoute le texte qui réclame également des autorités belges "d'expliquer les raisons qui ont poussé la compagnie belge SN Brussels à mettre sur liste noire des passagers témoins de la tentative d'expulsion forcée du jeune camerounais quelques jours avant son décès". Vers un boycott de la compagnie SN Brussels ? Une manifestation agitée à la mémoire d'Ebenizer Folefack a eu lieu le 10 mai dernier à Bruxelles où plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la "complicité de Brussels Airlines dans les méthodes de rapatriement inhumaines". Plusieurs d'entre les manifestants ont même scandé le boycott actif de cette compagnie aérienne. Des voix se sont élevées également du côté de Londres en faveur du boycott de la compagnie aérienne SN Brussels. Au niveau de cette compagnie, nous avons tenté de joindre le service de presse jeudi dernier. Personne n’ose en parler. Toujours au courant de la manifestation du 10 mai dernier à Bruxelles, la police belge a été également prise à partie par les manifestants qui la qualifie d' "assassin" etc.
© Camer.be : Hugues SEUMO Recommend this article...
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