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Arme de diversion massive, nouveau divertissement pour politiciens oisifs, baroud d’honneur d’anciennes gloires du landernau politique sénégalais, tentative de se remettre en selle après s’être auto exclus du jeu politique ? Les interrogations ne manquent pas autour des assises « nationales » du Front Siggil Sénégal. Initiées à grand renfort de déclarations martiales et d’effets de manche médiatiques par la frange de plus en plus radicale et de moins en moins significative de l’opposition sénégalaise ( le total des suffrages obtenus lors de l’élection présidentielle par les leaders déphasés, dépassés et déclassés du mal nommé Front Siggil Sénégal [FSS] peine à atteindre le 20% du nombre de votants ), ces longues palabres souffrent d’un vice congénital, puisque leurs termes de référence sont la synthèse de la vision stéréotypée, manichéenne et fantasmagorique de l’opposition non parlementaire de la situation politique, économique et sociale du Sénégal.
Dans la propagande soporifique qui nous est servie cette énième trouvaille du club des opposants systématiques vise à lancer une « concertation nationale sur l’ensemble des questions qui interpellent le pays et auxquelles le dialogue apparaît comme indispensable pour sortir le pays des difficultés » (le Soleil du 29 aout 2007 interview d’Ousmane Badiane conseiller du FSS). D’autres leaders moins experts en langue de baobab ont abruptement révélé, et cela à plusieurs reprises, que ce cheval de Troie n’avait d’autre but que de faire partir avant la fin de son mandat sous la pression populaire un chef d’Etat démocratiquement élu. C’est ainsi que le jour du lancement des assises (dimanche 2 juin 2008) le cabot préféré de Tanor aboyait rageusement dans le vide lors d’un meeting du Parti Socialiste à Grand Dakar « nous n’avons pas d’autre choix que de faire partir Wade par la force…nous allons mobiliser nos bases pour le destituer ». D’abord il est douteux que le FSS en plein naufrage tactique ait les moyens de ses fantasmes putschistes du fait du manque de discernement, de clairvoyance et des stratégies aventureuses de ses dirigeants qui par leur antiwadisme primaire revanchard ont fini de mener leurs formations respectives dans des voies de garage (refus de reconnaître la victoire d’un Président de la République, boycott des élections législatives et sénatoriales décrété à la hussarde et en petit comité, rejet systématique des 12 appels au dialogue lancés par le chef de l’Etat depuis avril 2003 ). C’est dans ce contexte de crise alimentaire et énergétique mondiales qu’une fraction de la société civile (complices ou « idiots utiles » ?) et des personnalités ayant occupé par le passé des fonctions publiques élevées sur le plan national et international ont accepté de se compromettre avec le Front Siggil Sénégal et de cautionner moralement la mascarade politicienne bouffonne qui se joue sous nos yeux contre la démocratie sénégalaise. En effet comment le doyen Amadou Makhtar Mbow qui n’a pu venir à bout de la crise de mai 68 peut il vouloir solutionner celle de mai 2008 ? N’a til pas compris que le Front Siggil Sénégal compte cyniquement s’accaparer les conclusions des assises pour combler son gouffre programmatique notamment lors des prochaines élections locales ? Ensuite on voit mal pourquoi ces assises devraient être qualifiées de nationales, quelle est la véritable légitimité et la représentativité de toutes ces associations civiles ou politiques de droit privé qui se proclament nation, d’autant plus qu’une certaine « société civile » est squattée et parasitée par ceux là même qui siègent dans les instances dirigeantes des partis de l’opposition radicale. Où est la nation dans tout cela ? Le Sénégal se limite t’il à 80 organisations et a la dizaine de personnalités qui se sont réunis le 2 juin au Méridien Président. Assurément non ! Enfin comment dans un Etat de droit organisé aux antipodes des entités chaotiques ingouvernables , qui certes traverse des difficultés économiques et sociales liées à crise de la mondialisation néolibérale, fonctionnant avec des institutions républicaines légalement élues, peut on vouloir se substituer au choix de l’électorat par des artifices et alibis pour créer un parlement parallèle ou une sorte de « loya jirga sahélisée » composée de gens non ou peu représentatifs de la société sénégalaise et irresponsables politiquement parlant ? Que pèsent sur le plan numérique et sociologique le PS, la LD/MPT, l’AFP, le RND, le PIT, le MSU, le RTA/S et tous ces détenteurs de récépissés à l’audience confidentielle acoquinés avec des capitaines d’opinion et la « Société Civile » (une auberge espagnole), cette nébuleuse d’organisations dont la représentativité est inversement proportionnelle au vacarme médiatique dans laquelle elle excelle ? Pourquoi diable veut-on forcer un Etat souverain à participer à un conclave aristocratique initié par des illuminés qui rejettent la légitimité de ses principales institutions (Président de la République, Assemblée Nationale, Sénat) ? La majorité des sénégalais, accoutumée aux analyses catastrophistes et aux prophéties funestes constamment démenties savent à quoi s’en tenir à propos de cette opposition de salon et de Saly, elle lui prête une oreille distraite et amusée par le biais des shows médiatiques qu’ils animent régulièrement et des « bévues » de presse qui relayent leurs forfaits oratoires teintés de « nostalgisme » et de revanchisme. La situation économique, politique, sociale et morale de notre nation, contrairement à ce qu’en pensent les hiboux lugubres adeptes de l’auto flagellation, si elle nécessite des mesures hardies et vigoureuses, n’a point atteint un degré de pourrissement qui puisse justifier la tenue d’une Conférence Nationale. Ceux qui agitent cet anachronisme s’accrochent à un logiciel périmé. Malheureusement le camp présidentiel, face au péril aristocratique, peine à taire ses querelles byzantines et à s’accorder autour d’une stratégie de riposte adéquate et sereine de sensibilisation et de remobilisation de sa base en lieu et place de l’activisme tardif et ponctuel des pantouflards et des planqués qui peuplent l’appareil d’Etat et la direction du Parti Démocratique Sénégalais. Comme le dit le proverbe « Ce n’est pas le jour de la battue qu’il faut dresser son chien ». La vraie et seule urgence est la redynamisation des forces wadistes pour livrer les combats de l’heure. Car les batailles à mener pour notre pays, exigeant des consensus forts et fécondants, sont surtout d’ordre économique et social : la conquête de l’autosuffisance alimentaire et de la souveraineté énergétique, l’accès universel aux soins de santé et à une éducation de qualité, la réduction du chômage de masse, la réalisation d’infrastructures pour booster les échanges, la réponse aux difficultés de logements des urbains par la lutte contre la spéculation foncière et la hausse vertigineuse des loyers. Pour l’avènement d’une démocratie véritable où la liberté du citoyen ne sera pas compromise par les difficultés de l’existence, pour qu’on ne perde plus sa vie au milieu de l’océan dans une frêle embarcation en voulant la gagner décemment. Mohamed Ayib Daffé Coordonnateur de l’Alliance pour la Consolidation du Wadisme (ACWAD) Consultant, Doctorant en droit public,
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